Bon dimanche !

Après avoir gravi les sommets et utilisé une bonne part de notre énergie, une journé plus calme pour rejoindre le charmant village de Engalm.
De la Karwendelhaus, on nous dit c'est facile, ça descend, puis ça monte, puis ça descend.
Vu où on est, c'est clair, on ne peut que commencer par descendre.
Le chemin est large et facile, des vaches curieuses font quelques centaines de mètres avec nous (non, pas d'oreo pour vous, on en a plus!).
Ca recommence à monter, "je suis fatiguée, merci papa-sherpa de porter mon sac!", ça va tout de suite mieux.
Casse croute en profitant de la vue.
Et on redescend vers Elgalm, accueilli par la pluie, il n'y a pas de raison.
Le village se cache au milieu du Karwendel, à 1270m d'altitude
Ce village autrichien n'est accessible en voiture que depuis l'Allemagne, 7h de marche sont nécessaires pour rejoindre les villages les plus proches. Ca doit être super pratique pour toutes démarches officielles ou pour passer le contrôle technique (presque 2h de voiture pour aller à Innsbruck qui doit être à une 20 de km à vol d'oiseau!).
Bon, à part des vaches pour faire du fromage (médaillé d'or, c'est vrai qu'il est bon), pas grand chose, si ce n'est de jolie promenade.
Et un hotel confortable pour se remettre.
Ce vendredi pas le choix, il faut rejoindre Innsbruck, donc traverser la montagne vers Shwaz et puis prendre le train.
Bien entendu, il pleut.
Et pas qu'un peu, mais ça ne démotive pas (trop) la petite troupe, et on avance.
Un petit coup de fatigue, suffit de promettre un chocolat chaud avec plein de crème fraiche à la hutte suivante, et ça repart.
Bon, tout le monde n'a pas le même intérêt pour le chocolat chaud.
Mais le jus de sureau/bio, ça marche aussi.
De la Lamsenjochehütte, ça descend rapidement vers Shwaz.
Les derniers kilomètres se feront dans un sous bois.
Ca glisse, mais on y est presque.
Et voilà!
Maintenant, direction Avelengo, près de Meran. On reste dans le Tyrol, mais on sera en Italie cette fois (et on risque de moins marcher aussi, c'est qu'il faut reprendre le poids perdu...)
Aujourd'hui, c'est facile, ça monte.
Enfin non, la journée commence facilement, on descend de 500m en 5km, suivant un joli torrent.
Après les choses se compliquent un peu, on allait tout de même pas rester bloquéà 1250m.
Donc on monte, et pas qu'un peu, il y a une pointe là-bas au bout, il parait qu'il faut suivre ce chemin.
Le sentier est agréable, ça monte, mais ça avance bien, et on ne se perd pas trop.
A force de monter, la végétation diminue, on a probablement fait la moitié du chemin, et un gros tiers de la hauteurs, on doit s'approcher des 1750m
Un coup d'oeil en arrière montre qu'en effet, on a pas mal monté (on vient de tout en bas)
Pause chocolat milka.
Et c'est reparti pour l'ascension, faut des mollets.
Et ça ne s'arrête jamais.
A 2100m, on arrive au pied d'un restant de glacier, c'était pas prévu ça.
Et faut monter encore, on voit le chemin là-bas en haut au milieu et puis gravir la montagne à gauche de la petite langue de neige, dit comme ça, c'est facile, hum.
Et pourtant on l'a fait.
Pas de photo de cette dernière ascension, j'avais mon sac et celui d'Alix (je ne sais toujours pas comment elle est arrivée en haut), mais on l'a fait.
Au final, la dernière paroi, à escalader avec un filin métal pour aider, était plus simple que la longue montée très abrute dans les éboulis.
Vue du sommet, plus de batterie pour la suite
A peine arrivée à 2700 qu'il faut déjà redescendre, il est 17h20, on nous attend à 18.
La descente est du même style, très abrupte, de la neige, des éboulis instables, et quasi 4 kilomètres, Alix attachée à une corde pour qu'elle ne glisse pas (enfin, pour qu'elle soit stoppée à chaque fois qu'elle glisse). Ca marche moyen sur la neige, mais ça a fonctionné.
On est royalement arrivé à 20H30, en partant à 9h30, et le tenancier de la Karwendelhaus nous a félicité, 11h, c'est un très bon temps, les expérimentés en mettent entre 9 et 10.
On est crevé, mais pas peu fier!
Comme Sandrine vous l'a dit, on a décidé de partir marcher 5 jours, même pas peur, haut de notre très grande expérience en moyenne et haute montagne, j'avais prévu un itinéraire qui semblait raisonnable.
Le parcours complet ici : https://www.outdooractive.com/fr/route/randonnee/innsbruck-und-umgebung/parcours-planifie-le-2020-06-08/173213731/?share=%7Eznpjxwjg%244ossnyeg
Oui, ça monte un peu.
On commence par tricher légèrement, prenant la Nordkette pour rejoindre l'Hafelekar, à 2300m d'altitude.
ENsuite, on s'engage sur le Goetheweg, sentier de randonnée vertigineux qui nous menera jusqu'à la Pfeishütte.
Ca monte et ça descend, mais ça reste assez facile, et globalement, on perd en altitude.
En descendant en moyenne montagne, on ne croise plus de chamois mais des moutons.
Bon, c'est sur, si vous avez le vertige, ce n'est peut-être pas l'idéal, mais dans les endroits dangereux, il y a un cable pour vous aider à ne pas tomber.
En général, si il y a un cable, il y a vraiment une raison d'ailleurs.
Ce sentier serpente entre les sommets, donc pas de grosses montées pour ce premier jour.
D'ailleurs, d'une façon générale, les descentes seront plus difficiles que les montées, les gravilons glissent, et la chute est facile.
Et plus on avance, au plus il y en a des gravillons.
Les cours d'escalade d'Alix viennent souvent à la rescousse, ce n'est pas de tout repos.
Une petite pause à la Pfeishütte et on repart, pour rejoindre l'Hallerhangerhaus.
Toujours en forme, pour l'instant en tout cas!
Pas que de la descente, on remonte cette après midi.
Et chose imprévue, la neige n'a pas encore tout à fait fondu.
Du coup, ça glisse, heureusement, on avait une corde (kit de survie offert à Alix pour rire avant de partir, ben au final, la paracord, elle aura beaucoup servi! A prévoir.

Le Plus dur est passé, on est balaise.
Encore un peu d'alpinisme (oui, oui, c'est un sentier facile, idéal pour commencer, on a dit)
Même pas mort.
Une dernière descente et on arrive à l'Hallerhangerhaus, avec un poil de retard (19h15)
DOnc on commence par la première journée tranquille à Innsbruck, chouette petite ville traversée par l'Inn (d'où le nom)

Ensuite on monte au Bergisel pour voir une fresque de 10000m2, affichée à 360°, représentant la bataille du 13 août 1809 contre les forces de Napoléon, les Tyroliens menés par leur Pancho Villa local, l'aubergiste Andreas Hofer.
Un petit tour au tremplin du Bergisel, encore plus impressionnant que celui de Garmisch-Partenkirchen et il est déjà temps de traverser la vallée pour visiter le zoo alpin.
Des Lynx, des loups, des grands et petits tétras, des aigles en tout genre et des hiboux.
A oui, il y a aussi des bartavelles.
Element central de "la gloire de mon père" de Pagnol que j'avais du lire il ya très très longtemps, où il racontait sa jeunesse et surtout la gloire de son père Joseph, qui avait abattu en plein vol un duo de Bartavelles lors d'une partie de chasse alors qu'il n'avait jamais chassé (le coup du roi). Ca semblait exceptionnel, donc dans mon imaginaire, une Bartavelle, c'était je ne sais, au moins aussi gros qu'un dindon, ça avait l'air tellement incoryable.
Et bien non, c'est juste une perdrix. Déçu je suis.
Dernier jour de randonnée avec la pluie, du coup j'ai tellement bien emballé mon GSM pour le protéger que je n'ai pas pu prendre de photos de la journée.
Nous sommes partis vers 9:00 de Eng Alm pour rejoindre le sommet et son refuge, la Lamsenjochhütte à 1950m. Là un petit arrêt pour se réchauffer et reprendre un peu de force s'est imposé car la montée de 6km est ardue et nous n'avons pas été aidé par la pluie.
Au sec, j'ai pu prendre une photo d'Alix en flagrant délit de gourmandise :
nous sommes ensuite descendus sur l'autre versant pour rejoindre Vomp puis Schwaz et sa gare, toujours sous la pluie pour ces treize derniers kilomètres mais au moins en descente.
Nous avons ensuite repris le train pour Innsbruck.
Nous voilà revenus au point de départ !
Bilan :
- 70 km parcourus
- dénivelés : ++++ (par exemple, 1450m le deuxième jour)
- bénéfices : des gambettes de rêve et la révélation de muscles inconnus jusque là. Une super expérience de cohésion familiale.
- dégâts : une paire de lunettes éclatée, l'arrière train d'un legging, un short et un corsaire defoncés, du linge puant, un nombre incalculable de griffes et hématomes.
En bref, c'était vraiment top !
Une journée de repos bien méritée dans le petit village alpin de Eng Alm. Nous avons marché les deux derniers kilomètres sous la pluie pour y arriver hier et depuis, elle n'a pas cessé, dommage...mais elle ne nous a pas empêché de marcher quelques kilomètres dans les environs et de profiter de la sympathique pleine de jeux en bois.
après l'effort, le réconfort !
Demain, vendredi, une longue marche et de encore beaucoup de grimpette au programme pour rejoindre une gare où nous pourrons prendre un train pour rentrer à Innsbruck en soirée. Pas de route ni de transports en commun pour rejoindre la capitale du Tyrol d'ici.
Parcours plus facile et moins long au programme de cette troisième journée.
Nous avons quitté le refuge à 9:30. Plus de paysage lunaire de haute montagne comme la veille mais des pâtures et alpages à perte de vue et le tintillement des cloches de vaches.
mais évidemment quand on descend dans la vallée, il faut remonter sur la crête pour rejoindre l'autre côté. Encore pas mal de grimpette mais sur des chemins plus aisés (7h de randonnée rouge classée moyennement difficile avec pique nique au milieu des vaches ).
Après une nuit au refuge, nous avons repris le "chemin des aigles "confiant mais prévenu d'un parcours long et avec un dénivelé de 1450m!
Les 5 premiers km étaient en descente dans un paysage agréable et ensoleillé.
après,c'était plus corsé : que de la monté pour atteindre les 2749m du Birkkarspitze encore couvert de neige.
Nous avons eu tous les sols, de la neige, des sentiers en terre, de la grimpette en suivant la via ferrata mais ce sont les zones de caillasse éboulee particulièrement pénibles à traverser qui étaient majoritaires. Du coup, nous avons marché 11h30 sans arrêt dans un refuge pour dîner (on avait de sacrés réserves, obligatoire quand on voyage avec un estomac sur patte de 10 ans !). Le proprio du refuge où nous avons passé la nuit nous a dit que nous avions particulièrement bien marché car cette longue randonnée classée noire est estimée à 10h pour des marcheurs de montagne confirmés. C'était vraiment dur mais nous sommes super fiers. Je n'ai pas pris beaucoup de photos car j'étais très occupée à regarder où je mettais les pieds. Nico en postera quand nous serons de retour à la civilisation.
La descente jusqu'au refuge Karwendelhaus a pris beaucoup de temps et nous sommes arrivés crevés et affamés. Il n'a pas fallu longtemps pour nous endormir !
On a débuté notre périple très fort par ce magnifique tronçon du "chemin des aigles" à travers les massifs du Karwendel.
Nous avons pris les remontés jusqu'au Nordkette puis d'abruptes sentiers caillouteux et des via ferrata jusqu'au refuge d' Hallerangerhaus. Paysages splendides et variés : plutôt alpins en quittant Innsbruck mais vite caillouteux et désertique en prenant de l'altitude.
Une pause à la Pfeishutte avant le deuxième tronçon beaucoup plus difficile (éboulis, chemins rocailleux, langues de neiges éternelles et même une partie qui n'a pas survécu au dernier hiver et qui nous a valu quelques frayeurs, des bleus, des griffes et une paire de lunettes en moins mais ne vous en faite pas tout va bien). 
Nous avons mis 7:30 pour faire le parcours classé difficile "sentier de montagne noir". Si ça vous tente, partez bien équipé car la route est difficile (cordes, casques, eau et en-cas en suffisance).
Nicolas postera plus de photos plus tard.